Janvier 2005 | N°48


Point de non retour

Notre économie est aujourd’hui une économie internationale. Chaque entreprise peut fabriquer et vendre ses produits sur tous les marchés, à travers le monde entier. Naturellement, les coûts de production et le pouvoir d’achat jouent un rôle déterminant dans la stratégie que les entreprises mènent en la matière : produire là où les coûts de production sont faibles et vendre là où votre client peut payer pour. Une présentation simple mais claire de la réalité.

Mais parce que les frais de production et le pouvoir d’achat sont mal répartis dans notre monde, nos autorités ont toujours trouvé utile de prendre les mesures nécessaires afin d’éviter des situations aberrantes. Ainsi, on a voulu éviter que les pays avec des coûts de production extrêmement bas ne puissent ‘dumper’ notre marché avec leurs produits moins chers. C’est pourquoi on a fixé des quotas. Ce sont les quantités maximales d’un produit déterminé qui peuvent être exportées d’un pays vers un autre. Ces règles sont reprises depuis de nombreuses années dans des conventions de commerce international. Les pays qui ne s’y tiennent pas, ne reçoivent tout simplement pas l’accès au commerce mondial.

A partir de cette année 2005, nous nous trouvons dans une situation totalement nouvelle. L’accord qui règle le commerce des articles textiles, le fameux ‘Agreement on Textiles and Clothing’ a été supprimé. Cet accord offrait encore une certaine protection aux fabricants européens contre une importation démesurée des pays à bas salaires, tel que la Chine. La disparition de cette protection a préoccupé sérieusement les partenaires sociaux, surtout quant aux conséquences en terme d’emploi en Europe. Entre temps, la Commission européenne a lancé une série de propositions afin de renforcer la position concurrentielle de la filière textile, notamment via de nouveaux stimulants dans le domaine de la formation des travailleurs. La plupart des ces propositions doivent encore être développées et appliquées dans la pratique. Les mesures vont-elles déboucher sur quelque chose ? Telle est la question. Une chose est sûre, pour celui qui relève le défi de la concurrence, la formation n’est plus à prendre ou à laisser.

Rob Senden, directeur




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